Rio, le Président Lula victime du lawfare

Ce vendredi 5 septembre, le Président du groupe parlementaire de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon s’est rendu au Brésil pour rencontrer le Président Luiz Inácio Lula da Silva dit Lula emprisonné depuis le 31 août 2018 suite à une condamnation prononcée en juillet 2017 à 9 années et 6 mois de prison par le juge Sergio Moro devenu Ministre de la Justice en février 2019 du premier gouvernement du Président d’extrême-droite Jair Bolsonaro.

Cette peine aggravée en appel en janvier 2018 à 12 ans et 1 mois porte sur une accusation de pot de vin dans le scandale Petrobas sous  la forme d’un appartement qu’il aurait bénéficié. Or l’absence de toute preuve matérielle durant toute la procédure judiciaire démontre le parti pris politique de la justice brésilienne.

Alors que tous les sondages relatif aux élections présidentielles de novembre 2018 donnaient un très net avantage à Lula notamment contre Bolsonaro, ce coup d’état judiciaire a été mené pour empêcher la candidature de Lula.

C’est ce que révèle une enquête d’investigation du magazine en ligne anglais The Intercept montrant la complicité du juge Sergio Moro avec les enquêteurs de la lutte anticorruption sur l’opération Lava Jato, débuté en mars 2014 sur le scandale Petrobas, afin de monter un dossier sans fondement afin d’atteindre cette violation démocratique : empêcher judiciairement Lula de se représenter.

Cette pratique a un nom « lawfare » ou l’utilisation stratégique du droit par les régimes libéraux pour empêcher les leaders antilibéraux, notamment de la mouvance de la gauche plutôt radicale, d’être une menace d’alternance par les voies démocratiques.

La Hongrie, pays pourtant membre de l’Union Européenne, utilise les moyens judiciaires pour museler ses oppositions. Il ne se passe par une journée sans que l’ultralibéral Premier Ministre Viktor Urban, qui ne gêne nullement nos chers démocrates Macron, Merkel, n’utilise les moyens légaux de la loi votée début 2019, soumettant les magistrats et la presse aux ordres du pouvoir central.

En Pologne décrite par le député LREM Frédéric Petit, comme « un modèle d’intégration européenne » au quotidien La Croix ce 5 septembre, a utilisé tous les moyens légaux pour réduire à néant toute la mouvance progressiste depuis plusieurs années. Les électeurs polonais n’ayant désormais le choix qu’entre des sosies libéraux et ultralibéraux.

En France même, le Président Emmanuel Macron pourtant gardien des libertés constitutionnelles n’hésite pas à utiliser l’appareil d’Etat, la police et la justice dans de basses œuvres politiciennes visant tout opposition significative. C’est ainsi que la violence policière a frappé durement les manifestant des gilets jaunes, avec plus 300 blessures à la tête, 25 éborgnés, 5 mains arrachées et un mort. Comme si cela ne suffisait pas, les 12.000 gardes à vue ont donné lieu à plus de 2.000 convocations et de comparutions immédiates. La justice française s’est adonnée au délicat exercice de la justice politique aux ordres de la Chancellerie et donc de l’Elysée.

Les procès politiques qui ont déjà commencée avec les premières comparutions immédiates vont se poursuivre ainsi le 13 septembre avec le jugement de 3 orléanais coupables de crise de lèse-majesté pour avoir décroché le portrait du Président Macron à Saint-Jean-de-la-Ruelle, puis les 15 et 16 septembre 2019  à Paris contre Jean-Luc Mélenchon et 6 autres prévenus pour avoir eu le tort de faire prévaloir leurs droits lors de la fameuse perquisition en octobre 2018.

Ce dernier procès politique n’a qu’un but, entraver l’opposition politique de jouer son rôle de force d’alternance.

Pour bien comprendre ce lawfare, plongeons-nous un instant en Argentine, l’Argentine actuelle.  Des élections présidentielles auront lieu le 27 octobre prochain. Le Président argentin Mauricio Macri, un sosie parfait de Macron, un ultralibéral qui est en train de mener à la ruine son pays, en y ayant ajouté la laisse infâme du FMI, est donné perdant dans toutes les enquêtes d’opinion depuis plusieurs mois et que des « élections primaires » du 11 août dernier l’ont mis à 15 point derrière Alberto Fernandez, qui se présente sous les couleurs de la gauche progressiste radicale.

Cristina Kirchner qui fut présidente entre 2007 et 2015 et qui se présente comme vice-présidente en appui à Alberto Fernandez, a fait l’objet de pas moins de 25 enquêtes judiciaires, de plusieurs perquisitions à son domicile dont l’une avec des perceuses trouant les murs afin de trouver de l’argent caché, selon les espérances des enquêteurs. Depuis 2 ans, toutes les tentatives d’intimidations d’une police et d’une justice manipulées par le pouvoir ont été utilisées pour faire craquer Cristina Kirchner.

Pendant ce temps-là, le très corrompu Président argentin Mauricio Macri ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire, d’aucune perquisition, d’aucune enquête policière.

Pour terminer ce bref tour d’horizon, il ne faut surtout pas oublier que les grands défenseurs du monde libre, de la démocratie que sont nos valeureux Macron, Trump, Merkel et autres Junker n’ont rien à redire de ces nombreuses manipulations de l’appareil d’État contre les opposants. Pourquoi ? Parce que simplement, ils en sont les premiers commanditaires et bénéficiaires.

La presse, sauf exception, désormais aux mains des oligarques, ne joue plus du tout son rôle de contrepouvoir ce qui permet aux oligarques représentés par les pouvoirs libéraux, de prolonger leur rente de situation.

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