la condition animaleLes interventions

EELV a organisé le 18 mai 2018 une conférence-débat sur la condition animale en présence de Mesdames Laurence ABEILLE, ex-députée EELV du Val-de-Marne et Catherine HELAYEL, co- fondatrice du Parti Animaliste, toutes deux venues de Paris.

Catherine HELAYEL qui est juriste, a rappelé le statut juridique des animaux : malgré les articles L 214-1 du code rural et 515-14  du code civil, qui reconnaissent la sensibilité de l’animal, celui- ci reste un objet de droits au contraire de l’humain, sujet de droits. Le droit des biens lui est applicable, c’est-à-dire qu’on peut l’acquérir et en disposer comme un bien.

Il n’existe pas de droits fondamentaux de l’animal, cependant les animaux de compagnie sont les plus protégés (par le droit pénal). Le droit français catégorise les animaux en fonction de leur utilité pour l’homme (de compagnie, domestique, en captivité, sauvage). Elle démontre la différence de protection au travers de l’exemple du lapin, du lapin nain, dont le propriétaire est passible de sanctions pénales en cas de meurtre, au lapin de garenne, sauvage donc non protégé, d’élevage, dépecé à vif, de laboratoire, torturé, de consommation, destiné à l’élevage intensif .

Le parti animaliste est trans-parti, c’est-à-dire qu’il ne se positionne ni à droite ni à gauche.

Il promeut la reconnaissance de la personnalité juridique des grands singes comme point de départ à une reconnaissance plus générale.

Laurence ABEILLE a évoqué ses combats à l’Assemblée Nationale, en sa qualité de vice- présidente de la Commission Condition Animale, en compagnie de Geneviève GAILLARD,  du parti socialiste, présidente de cette commission.

(Maintenant la commission Condition Animale continue ses travaux avec une majorité LREM et la droite, ô surprise, travaille sur la reconnaissance de la personnalité juridique des grands singes).

Laurence ABEILLE est à l’origine du site Animal Politique qui diffuse chaque mois les actes pro ou anti-animaux des députés et sénateurs.

Elle a réalisé des propositions de lois contre le gavage des oies, le piégeage des oiseaux à la glu, pour la biodiversité et a obtenu une commission d‘enquête parlementaire sur les abattoirs. Depuis cette enquête, Olivier Falorni, député DVG, est un farouche partisan de la surveillance des abattoirs.

Lors de cette enquête parlementaire, la philosophe Florence BURGAT a été entendue et a évoqué le concept de nécessité qui ne s’applique pas à la consommation de viande par l’homme. Par conséquent, donner la mort pour se nourrir ne se justifie pas.

La misère des travailleurs des abattoirs, appelés « tueurs » a été évoquée, et Laurence ABEILLE indique qu’il y a un turnover énorme.

Commentaire

Le débat a été à la fois philosophique et politique, un intervenant ayant évoqué la sentience des plantes (où s’arrêter de supprimer la vie ?) , la directrice de la SPA du centre a posé la question des revendications animales aux élections européennes.

Cette réunion semble avoir été décidée en effet en vue des élections européennes, le Parti Animaliste comme EELV souhaitant se présenter.

Les deux intervenantes indiquent toutefois qu’elles seraient heureuses que les partis politiques émettent de propositions en faveur des animaux, l’important étant de se retrouver ensemble au Parlement européen pour faire avancer la cause animale.

Il est dommage que la France Insoumise ne se positionne pas plus sur la question de la condition animale, par un livret par exemple, car évoquer la seule notion de bien-être animal ne veut pas dire grand-chose, ce bien être passant toujours en seconde position vis-à-vis des besoins humains, ou plutôt des besoins des lobbys et possesseurs de capitaux. Autrement dit, seul un positionnement en terme de droits fondamentaux, droits inviolables et sacrés et donc non soumis à variation, est susceptible de protéger les animaux. Mais cela implique des choix.

Par exemple, accorder la personnalité juridique à tous les animaux, + le droit à la vie + le droit au bien être, permettrait de balayer à jamais la souffrance animale. Mais cela implique d’aller vers une alimentation végétale, donc de développer celle-ci et de financer la reconversion des éleveurs, bouchers et de toute la filière viande, ce qui suppose un Etat se consacrant à l’intérêt général et non aux lobbys capitalistes.

L’abolition de l’élevage en batterie, de la production de lait : actuellement  la mère ne peut allaiter son  veau, l’abolition de la pêche et de la chasse, de la corrida, du cirque et des jeux absurdes conduisant à la mort ou à la souffrance de l’animal, et bien sûr de l’expérimentation animale, qui ne sert plus à rien sauf à cultiver l’égo des chercheurs et les intérêts des laboratoires, demandent une volonté politique et un financement.

Cela exige une décision ferme de désactiver l’influence du lobby des chasseurs hyper puissants qui a ses entrées à l’Elysée, alors que les associations de défense des animaux n’ont pas ce privilège.

Les élus ou électeurs de partis libéraux ne peuvent proposer réellement de solutions dans ce système capitaliste.

La lutte pour les droits fondamentaux des animaux est forcément à gauche, et reviendrait à titre privilégié à la France Insoumise, première opposante au système libéral de Macron. La Parti Animaliste et EELV, malgré leur mérite d’exister, proposent des mesures trop timides, c’est pourquoi LFI a toute sa place pour proposer un programme radical de reconnaissance de l’animal en qualité de citoyen de la terre, passant par la personnalité juridique, le droit à la vie, et le droit au bien- être.