manifestation Bure - Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !La loi de transition énergétique votée en 2015 et devant conduire à n’utiliser que 50% d’énergie nucléaire à l’horizon 2025 ne sera jamais appliquée. C’est ce qu’a annoncé Monsieur Nicolas Hulot fin 2017. La volonté affairiste et productiviste de ce nouveau gouvernement s’est ainsi dévoilée, le nucléaire peut ainsi encore plus s’affirmer en France.

Alors que les énergies alternatives initiées par nos voisins allemands sont efficaces et moins chères que le nucléaire, alors que dans 30 à 70 ans, c’est-à-dire demain, il n’y aura plus de combustible pour alimenter les centrales, nos gouvernements successifs veulent construire CIGEO, prolonger la vie de nos centrales, lancer et vendre des EPR, et poursuivre la recherche nucléaire au-delà des EPR. A signaler qu’actuellement seuls 1,6 km sont creusés au « laboratoire » de Bure.

Par ailleurs, EDF a racheté FRAMATOME en 2017 (donc avec l’accord de l’état) et prépare un EPR “optimisé” de 5 à 6 milliards pour le marché français.

CIGEO,  un site d’enfouissement aux graves conséquences à 500 m sous terre

Cette poubelle nucléaire devrait faire disparaître 85 000 m³ de déchets hautement radioactifs à 500 m sous terre, dans 280 kilomètres de galeries et devrait garantir sur des centaines de milliers d’années qu’elle sera étanche, sans contamination de la nappe phréatique, sans incendies ou explosions, sans mouvements de terrain, et sans rejets de gaz.

Cette prétention au nom de la science à maîtriser ce qu’il peut advenir dans les roches dans les centaines de milliers d’années à venir avec de tels colis, est absurde.

Les américains (US) en savent quelque chose. Dans le site de Waste Isolation Pilot Plant qui accueille depuis 1999 des déchets de l’armement nucléaire, un fût a éclaté et libéré du plutonium et de l’américium en surface, après quinze ans de fonctionnement. Les ingénieurs avaient pourtant prévus que ce genre d’accident n’arrivait que tous les 200 000 ans. Le site ne rouvrira pas avant 2021 et coûtera au moins 2 milliards de dollars de frais de travaux de réfection, pour des déchets bien moins radioactifs que ceux de Bure.

Parlons aussi de l’expérience allemande à Asse, site de stockage nucléaire au fond d’une mine de sel. Suite à des infiltrations, cette mine s’est transformée en une gigantesque saumure radioactive qui inévitablement et pour le moins va contaminer les nappes souterraines. Les autorités ne savent que faire.

Coût du projet CIGEO : 25 milliards selon Ségolène Royal, 34,5 selon l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) et 41 milliards selon la cour des comptes. L’ANDRA et le pays n’auront jamais les moyens financiers d’assurer la gestion de ce site.

Un cinquième des colis prévus sont des déchets bitumés inflammables, que se passera t-il si ça flambe au fond ? Si ça explose ? Si un train déraille ? Si quelqu’un a menti ou s’est trompé ? Si l’eau devient radioactive ?

La répression comme réponse du gouvernement Macron aux opposants

Nous étions autour de 3 000 personnes à manifester notre opposition à ce projet samedi 18 juin dernier à Bar le Duc, mais cela ne suffira pas.

Le gouvernement a choisi hier d’accentuer la répression des opposants au projet, en perquisitionnant sur Bure, sa région et au bureau parisien d’un avocat des opposants qui a été placé en garde à vue, avec au moins sept interpellations.

Et ce n’est pas le débat public annoncé pour l’automne qui modifiera la marche forcée du gouvernement qui n’a pas tenu compte de la concertation de 2005 ni de celle de 2013, raisons pour lesquelles les opposants refusent de participer à ce débat.

Bure n’est pas le seul lieu où peut se dérouler une catastrophe, il y a 58 réacteurs nucléaires actifs en France dont cinq ont des cuves en limites d’usure (dont deux sur les cinq à Saint-Laurent).

Il faut impérativement arrêter le nucléaire, et il faudra être nombreux pour stopper ce programme mortifère.

Le programme de la France Insoumise que je reproduis partiellement le demande.

« Mettre en œuvre la sortie totale du nucléaire en commençant par l’arrêt de la centrale de Fessenheim en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement et l’abandon de l’opération du grand carénage visant à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de quarante ans »

« Abandonner le projet d’EPR de Flamanville et d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure »

Des Hiboux à Bar-le-Duc, forte mobilisation le samedi 16 juin 2018 contre la destruction du Bois Lejuc

Pour celles et ceux qui veulent en savoir davantage : https://vmc.camp

Les déchets nucléaires : “Bure” moi le mou – Le Moment Meurice

Christian Conte, le 21 juin 2018