LoupPour une cohabitation apaisée entre l’homme et le loup

Le Nouveau Plan Loup 2018-2025 (Plan National d’Actions sur le Loup et les Activités d’Elevage) paru le 19 février 2018 a suscité les protestations à la fois des éleveurs et des associations de défense des animaux, pour des raisons en apparence opposées, mais qui prennent leur source dans la même cause : l’absence d’investissement profond de l’Etat dans la situation  créée par le retour du loup en France.

Une manifestation nationale contre le projet porté par le Plan Loup a eu lieu le 17 Mars à Paris à l’initiative de l’association La Voix des Loups et d’autres associations de défense animales telles ASPAS, FERUS, ONE VOICE, L 214,VETHIQUE, et beaucoup d’autres.

Le loup est de retour depuis novembre 1992. Le 4 novembre 1992 un couple de loups a été aperçu en France pour la première fois, venu depuis les Alpes Italiennes et les Apennins,  arrivé dans le massif du Mercantour, puis ayant essaimé dans le Massif Central, les Vosges et les Pyrénées. Le loup parcourt de longues distances, la formation d’une meute mixte loup Slovène, loup Italien a été observée.

Exterminé en France depuis la fin des années 30, comme dans d’autres pays Européens, le loup est protégé par la Convention de Berne du 19 septembre 1979 en son annexe II et par la directive 92/43/CEE du Conseil des Communautés Européennes dite « Habitats, Faune, Flore » en date  du 21 mai 1992.

Celle -ci  été transposée dans le droit Français au sein des articles L 411-1 et L 411-2, R 411-1 à R 411-14 du Code de l’environnement et a donné lieu à nombre d’arrêtés.

La directive  prévoit l’obligation pour les pays de la communauté européenne de préserver les habitats naturels de la faune et de la flore visées aux annexes et de favoriser le peuplement de ces territoires par les espèces en danger parmi lesquelles le loup. Il s’agit de sauvegarder la biodiversité et les équilibres naturels entre espèces. Pour la cour de justice des communautés européennes, la directive est d’interprétation stricte.

Ces textes ont pour effet d’interdire l’abattage du loup, des dérogations étant tout de même prévues. Aussi les mesures mises en place par la France depuis 1993, puis les plans Loup    depuis 2004 ont-ils eu et ont pour objet de prévoir les modalités de ces dérogations en respectant – en principe – la protection de l’espèce Loup et en aidant les éleveurs à protéger  leurs  troupeaux.

Car en effet le retour du loup a initié un conflit d’une part entre éleveurs et loups, en raison des attaques perpétrées sur les ovins et plus rarement les bovins (11.000 victimes en 2017)  mais également entre chacun de ces « adversaires », l’Etat et les associations de défense des animaux sauvages.

L’Etat n’a eu de cesse que de céder aux pressions des éleveurs  qui ne proposent qu’une seule solution aux attaques de troupeaux : le fusil ! Et le nombre de « destructions » autorisées (en clair de mises à mort) augmente d’années en années.

Le plan quinquennal paru le 19 février 2108 est assorti de deux arrêtés, du 20 février, un décret dit cadre et un décret dit plafond qui fixe le nombre de loups qu’il est possible de tuer pour la saison, soit du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018.

Or, on constate que l’arrêté plafond du 20 Février 2018, signé par le ministre de l’agriculture et par le ministre de la transition écologique, Nicolas HULOT, autorise la mise à mort de 40 loups au lieu de 36 pour la période 2016-2017. De plus, une nouvelle évaluation aura lieu au 30 juin, en vue d’une augmentation des dérogations, l’association FERUS indiquant qu’en février 2018, 34 loups avaient déjà été tués

Les années suivantes, selon le décret, le nombre d’animaux à tuer pourra s’élever jusqu’à 10% de la population moyenne de loups relevée annuellement par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Cette proportion est trop importante pour permettre la perpétuation de l’espèce (voir ci-dessous).

Aujourd’hui, la population de loups en France est d’à peine 360-400 individus, ce qui est faible par rapport à l’Espagne/Portugal (2200-2500), à l’Italie (1270-1800) et à l’Europe (12.000).

Mais de plus, il est prévu de laisser la possibilité au Préfet d’autoriser des tirs de défense supplémentaires (en cas d’attaques de troupeaux) si le plafond est atteint en cours d’année à hauteur de 2% de la population moyenne de loups.

En cas de « situation exceptionnelle », les tirs de défense peuvent être autorisés au-delà de ces normes par le Préfet, ce qui signifie qu’il n’y a pas de limites imposées, car toute situation peut être qualifiée d’exceptionnelle.

Une gradation des tirs est prévue (tirs de défense simple, renforcés, tirs de prélèvements simples et renforcés) mais il en découle que le vocable « tirs de prélèvement » masque pudiquement la possibilité de chasser le loup. Ces tirs sont réservés à la période allant du 1er septembre au 31 décembre de chaque année afin de ne pas dépasser en cours d’année le plafond fixé. Autrement dit, si par chance les tirs de défense n’atteignent pas le plafond annuel, 40 loups en 2018, les chasseurs peuvent se faire plaisir en abattant le nombre de loups restant.

La collaboration des lieutenants de louvèterie et de chasseurs expérimentés a été intégrée dans le plan quinquennal (pour former les éleveurs aux tirs, et composer la brigade anti-loup) mais celle des associations de défense de la faune sauvage, telles ASPAS et FERUS (qui défendent les trois prédateurs réintroduits en France, loup, lynx et ours) n’est pas mentionnée.

Position du conflit : le refus des éleveurs de s’adapter :

En 60 ans de disparition du loup, les éleveurs ont acquis de nouveaux comportements et perdu le savoir faire des anciens bergers.

Ils ont des troupeaux extensifs, en milliers de bêtes par souci de rentabilité, paissant sur plusieurs km², non surveillés par l’homme et sans chiens.

Le loup se nourrit essentiellement d’ongulés sauvages (bouquetins, mouflons, chevreuils, cerfs, chamois) mais ne dédaigne pas les ongulés domestiques (moutons, brebis, bovins) si la prise est plus facile. Quand les loups adultes enseignent aux jeunes loups à chasser, il est plus aisé pour eux de se diriger vers le troupeau domestique s’il est dans leur proximité.

La méthode d’élevage actuel permet de servir sur un plateau des repas plantureux au loup et laisse les brebis sans défense.

On connaît les mesures efficaces pour éviter ou réduire les attaques de loups :

-la présence humaine sur les alpages, éleveurs ou bergers salariés ; l’association FERUS embauche chaque été des bénévoles pour s’occuper des troupeaux car la présence humaine n’est pas assurée par manque de volonté ou de moyens pour les petits éleveurs ;

-la présence de chiens, Patous ou chiens appartenant à des races plus agressives (jusqu’à présent il n’y avait pas de chiens) ;

– la pose de grillages divers, électrifiés (le plan préconise des grillages électrifiés) et/ou arrondis, ces derniers permettant de préserver les brebis de l’étouffement quand le loup tourne autour d’elles et qu’elles se massent apeurées dans un coin de l’enclos.

Le plan loup se propose d’accompagner les éleveurs en les formant à la pose d’équipements, à la détention de chiens (car l’absence de maîtrise des chiens peut causer des morsures graves), au métier de berger avec la présence de bergers qualifiés, en finançant les équipements, l’adjonction de chiens et de bergers salariés, à hauteur de 80% pour les équipements et les chiens et à 100% pour l’embauche des bergers. Il est prévu également l’aménagement des cabanes de bergers pendant l’estive afin que les éleveurs et les bergers bénéficient d’un confort décent ainsi que la création de points d’eau .

Les éleveurs soutiennent que ces mesures ne servent à rien car quoiqu’ils fassent, le loup réussit à tuer les brebis.

Concernant les grillages, les brebis sentant la présence du prédateur qui rôde autour d’elles peuvent les abattre pour fuir et se jettent ainsi « dans la gueule du loup ». On ne sait toutefois  pas si ces faits affirmés par les professionnels sont réels et avérés ou de simples rumeurs.

Madame Geneviève CARBONE, spécialiste du prédateur explique dans Nice Matin numérique du 11 janvier 2016 que « Pour un certain nombre d’éleveurs…et pour de nombreux acteurs ou responsables de la profession agro-pastorale, s’équiper c’est accepter tacitement la présence du loup comme un fait ou une normalité nouvelle .  Dans ce contexte, il sera toujours souhaitable de démontrer la faillibilité des mesures de protection, l’inutilité de la mise en place de la prévention ».

En Italie où le loup est protégé depuis 1970, les éleveurs  ne connaissent pas ces difficultés, tel cet éleveur cité par le quotidien qui est présent aux côtés du troupeau jour et nuit, monte dans les alpages avec plusieurs chiens et pose lui-même son grillage portatif. Les troupeaux italiens ne regroupent que plusieurs centaines de brebis plus faciles à garder.

Quant à réduire la taille des troupeaux, les éleveurs ne le veulent pas, certains ne gagnant qu’un revenu égal au SMIC et d’autres ayant un raisonnement capitaliste.

Autre refus, celui de changer d’alpage en cas de présence de meutes proches, ce qui serait la solution simple mais efficace pour réduire « les troubles de voisinage ».

D’où le fait que le débat tourne autour des tirs sur les loups au lieu de porter sur l’organisation de la profession.

En autorisant les tirs, le Plan loup ne respecte pas les engagements internationaux et la loi française

En vertu de l’article L 411-2, 4°, du code de l’environnement,  la délivrance de dérogations à l’interdiction de destructions, n’est autorisée qu’ « à la condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante …. » (qui peut être évaluée par expertise) » et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle… Pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l’élevage, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d’autres propriétés »

L’état de conservation favorable d’une espèce se définit comme une dynamique jugée favorable de continuation dans le présent et le long terme de la population de cette espèce dans les habitats naturels auxquels elle appartient (directive CEE habitats, faune, flore).

L’état de conservation favorable n’est pas respecté

L’Etat a confié à l’ONCFS et au Muséum d’Histoire Naturelle, ainsi qu’à différents scientifiques, une expertise collective sur l’évaluation de la population de loups en France  pour une prospective à l‘horizon 2025-2030.

Dans le Plan Loup, l’Etat s’empresse de ne pas respecter les conclusions du rapport auquel pourtant il s’adosse.

D’une part, l’objet de l’étude est la viabilité de la population de loups et non son état de conservation favorable. La viabilité peut être définie comme la non extinction alors que la Communauté Européenne et la loi Française demandent une conservation pérenne.

Petite nuance, mais qui a de grandes conséquences, car le Plan loup poursuit en indiquant viser une population de 500 loups nécessaires au maintien de l’espèce. Or l’expertise précise bien que 500 est le nombre minimal absolu mais que le chiffre assurant une non extinction est 2500 à 5000 loups. En effet, tous les loups ne se reproduisent pas, seuls le couple « alpha », couple fondateur de la meute, a des descendants. Dans une meute il peut y avoir jusqu’à 10 à 12 loups. Les loups qui vivent de façon solitaire, les jeunes partis fonder un territoire ne se reproduisent pas forcément non plus.

On peut remarquer au passage que l’interdiction de reproduction hormis celle du couple « alpha » peut être considéré comme l’équivalent de notre prohibition de l’inceste, la consanguinité étant un facteur d’extinction de l’espèce.

Les scientifiques précisent également que jusqu’à présent 22 % de la population lupine avait été abattue, ce qui ne remettait pas en cause sa viabilité. Mais dernièrement, en 2016, les mises à mort ont augmenté jusqu’à  34% et il s ‘agit d’un seuil critique, à hauteur duquel la population stagne et donc est menacée d’extinction.

Le rapport pointe également l’absence d’étude sur la relation existant entre les tirs et la diminution des attaques des troupeaux.

Autrement dit, le gouvernement autorise les tirs mais ne sait pas s’ils sont efficaces pour réduire la destruction des ovins.

Au contraire, il a été prouvé que l’abattage d’un loup peut entraîner une augmentation des attaques. Si un mâle ou une femelle dominant est tué, la meute peut éclater et les jeunes, non entraînés à la chasse à leurs proies sauvages naturelles, vont venir en désordre s’en prendre aux brebis là où la chasse parentale était ciblée et suffisante à toute la meute.

Le Plan loup s ‘est certes engagé à faire établir une étude sur ce point, mais en attendant, le droit de tuer pour se défendre ou pour chasser perdure.

D’autre part, il existe des conditions de protection satisfaisantes non respectées

Le plan loup conditionne l’indemnisation des éleveurs pour les brebis tuées à la mise en place des moyens de protection (gardiennage et grillages), ce qui n’était pas le cas auparavant et qui permet en même temps d’épargner la vie du loup.

Mais le Plan s’empresse de se contredire car, sur certains secteurs où « les mesures de protection ne peuvent être que difficilement mises en place » les tirs de défenses et de prélèvements sont autorisés sans mesures préalables de protection des tr,oupeaux !

Les secteurs en question ne sont pas définis, ce qui peut signifier que quand un éleveur ne veut pas quitter l’alpage situé à côté d’une meute, ou un alpage trop en pente, pour être efficacement protégé par un grillage, il a le droit de se défendre et de chasser en contradiction avec la loi et la directive qui interdisent la mise à mort en présence de solutions satisfaisantes. Concrètement, les éleveurs ont donc le choix d’appliquer la loi ou pas !

Cela veut dire que le gouvernement fait un pas en avant, deux pas en arrière, un pas pour  protéger l’espèce, deux pas pour faire plaisir aux éleveurs, ceux-ci perturbés devant une situation nouvelle (situation qui dure depuis plus de 25 ans quand même) n’étant pas en état de s’adapter.

Certains éleveurs préconisent quant à eux un droit de tuer à hauteur de 40% de la population de loups, ce qui signe l’extinction de l’espèce. Une autre proposition « originale » est de  prélever les louveteaux au terrier (soit les mettre à mort) afin que les parents loups aillent chasser plus haut les ongulés sauvages !! (Nice- Matin, 20 Février 2018)

Est-ce cela le respect de textes d’intérêt général ?

Il faut au contraire, pour sauver l’espèce, impérativement privilégier les mesures de protection et les techniques d’effarouchement.

En effet, après avoir autorisé la mise à mort d’un nombre important de prédateurs, espèce protégée, le Plan loup semble découvrir les tirs d’effarouchement non létaux et autres techniques pacifiques méritant d’être développées telles des lanternes tournantes appelées « foxlights ». Ainsi, avant d’essayer l’effarouchement, on préfère provoquer la mort… ce qui est une nouvelle fois contraire aux textes, aux nécessités de la biodiversité, aux intérêts des humains et des loups.

Un Plan Loup qui ne questionne pas le droit de l’animal

Tout être vivant a un droit naturel à la vie. Même si ce principe n’est pas encore inscrit noir sur blanc dans nos lois, il est présent dans la conscience collective. De même, avant que les droits de l’homme ne soient proclamés, ils existaient dans la conscience des gens, la religion et les coutumes. En effet, à quoi bon naître si c’est pour être tué ? Et ce principe s’applique  particulièrement aux petits d’animaux.

Sur quel principe se fonderait un droit humain à disposer de tout le vivant, pour son seul intérêt ou son bon plaisir ?

Est-ce sur la prétendue supériorité de l’homme ou sur le droit du plus fort tout simplement, droit inexistant par essence, contraire à tous nos principes nationaux ou internationaux mais   mis en pratique  tous les jours au travers de l’exploitation universelle des plus pauvres par les plus riches, des pays dits du Sud par ceux du Nord, des minorités (sexuelles, religieuses, ethniques) par les majorités et de la nature par l’homme.

Dans le cas du loup, encore faut- il évoquer l’éventuel droit de légitime défense des éleveurs,  légitime défense qui existe dans notre droit pénal pour les rapports entre humains.

Mais la défense n’est légitime que lorsqu’elle est proportionnée à l’attaque, c’est-à-dire qu’on tue ou blesse parce qu’on ne peut pas se défendre autrement. Tel n’est pas le cas ici où des mesures de protections potentielles des troupeaux n’ont  pas encore été toutes explorées.

Aussi doit-on privilégier les tirs d’effarouchement ou les techniques qui trompent le loup et l’effraient.

Quant aux brebis, les acteurs du problème loup gouvernement, éleveurs n’en parlent qu’en termes de « dommages », « pertes », « indemnisations ». Mais les brebis sont des êtres sensibles et sentients. Les attaques les traumatisent. Les brebis gestantes font des fausses couches. Même si elles sont destinées à l’abattoir et donc à mourir dans des conditions pas meilleures, voire pires, que sous les crocs du loup, elles doivent être protégées décemment par leurs gardiens naturels, les éleveurs. Il faut protéger les brebis et non tuer les loups.

On parle également des chiens errants ou divagants, qui seraient responsables d’attaques de troupeaux à tel point que plusieurs études concluent que les responsables d’attaques seraient les chiens (Loup et pastoralisme, cohabitation impossible ?).

Le Plan loup préconise  de recueillir ces chiens qui ont échappé à leurs maîtres (ou ont été abandonnés) C’est une bonne décision qui vient après 26 ans d’oubli, mais cette mesure sera-t-elle applicable dans les faits ? Seront-ils réhabilités et présentés à l’adoption ou euthanasiés ? Le plan ne le dit pas.

L’expertise collective comme le Plan évoquent encore les hybrides, croisement de chiens et de loups (1à 2% de la population). Plusieurs députés de la majorité ou de la droite ont exigé le droit de les tuer sans limitation puisque n’étant pas des loups purs, ils n’appartiennent pas à une espèce protégée ! (Politique et Animaux)  S’agit-il d’un nouveau type de racisme ?

Autrement dit, il est question de récolter les votes pour les prochaines élections, car les loups ont un grand défaut : ils ne votent pas.

Le nécessaire soutien de l’Etat à l’élevage

Les éleveurs travaillent dans des conditions très difficiles pour, en retour, de faibles revenus.

Ils aspirent légitimement à une vie sereine avec leur famille, à des horaires normaux et à un droit aux vacances. L’arrivée du loup dans un contexte de précarité les a plongés dans une grande détresse, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Mais c’est leur situation économique qui les rend incapables de s’adapter. Le Plan loup pour la première fois prévoit de soutenir économiquement la filière d’élevage mais reste flou dans les mises en œuvre de mesures concrètes.

La source du conflit n’est pas tellement le loup que l’isolement dans lequel ont été laissés la plupart des éleveurs. De ce fait, le loup est devenu un bouc émissaire. L’Etat semble prêt à les aider, mais comment cela sera-t-il possible alors que la tendance est à l’accentuation du néolibéralisme, à la régression de l’investissement de l’Etat et au démantèlement du service public ?

La solution du conflit loup ne pourra se trouver qu’avec l’émergence d’une véritable politique de gauche, axée sur la priorité à l’intérêt général.

La France Insoumise propose un véritable statut et une véritable protection sociale pour les agriculteurs et les éleveurs, une retraite égale au SMIC au minimum et surtout un soutien public. Elle préconise des taxes à l’importation pour permettre un élevage de qualité sans crainte de la concurrence.

Selon l’auteur de cet article, une politique d’intérêt général établirait une prospective du développement de la société : la conscience d’un droit des animaux à la vie, l’empathie pour ces créatures est en train de croître, surtout chez les jeunes qui demain dirigeront la société. En conséquence, la consommation de viande diminuera. Il s’agit non tant d’assurer la viabilité de l’élevage que de celle des professionnels de la viande en leur proposant une reconversion avant qu’ils ne soient frappés par cette nouvelle crise : le déclin de leur profession.

 En conclusion, l’homme est un animal et un grand prédateur comme les autres : il partage beaucoup de points communs avec le  loup, (sens de la meute, prohibition de la consanguinité, fidélité dans le mariage, (moins sûr chez les humains), parcourt de grandes distances,  mais surtout occupe avec lui les mêmes territoires de chasse. C’est pourquoi il a été et est encore un grand rival, détesté par certaines catégories de la population qui en font un bouc émissaire. Néanmoins, comme tous les êtres vivants, le loup a droit au respect de sa vie, ce qui est l’intérêt de l’homme également pour qui la biodiversité est une condition de survie. Le conflit loup /éleveur ne se résoudra que par la prise en charge conséquente par l’Etat des difficultés de la profession d’éleveur  et une anticipation de son évolution afin de permettre à ces professionnels de s’adapter aux changements de société qui s’annoncent.

Joëlle LANTERI

SOURCES :

  • NICE MATIN numérique – dossier du mois – janvier 2016
  • NICE MATIN du 20 Février 2018 et du 28 Février 2018
  • PLAN LOUP 2018-2023, Ministère de la transition écologique et Ministère de l’agriculture et de l‘alimentation
  • EXPERTISE COLLECTIVE, 7 Mars 2017 animée par l’ONCFS et le Museum d’histoire naturelle
  • CAP LOUP site internet
  • ASPAS site internet
  • FERUS site internet
  • VETHIQUE site internet
  • SITE INTERNET Loup et pastoralisme, cohabitation impossible ?
  • DIRECTIVE  92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992
  • CONVENTION DE BERNE 19 Septembre 1979
  • CODE DE L’ENVIRONNEMENT
  • ARRETES DES 20 FEVRIER 2018, ARRETE DU 30 JUIN 2015

 

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