Rassemblement le 28 Novembre devant le tribunal administratif d’Orléans

Une audience de référé pour demander le retrait des animaux

Jeudi 28 Novembre 2019 se tenait une audience de référé au Tribunal Administratif d’Orléans saisi par ONE VOICE, association de défense des animaux, en vue de demander le retrait définitif des ours et autres animaux sauvages détenus par le couple Bruneau-Poliakov, résidant dans le Loir et Cher, animaux utilisés pour des spectacles partout en France.

L’association a exercé un recours à l’encontre du Préfet de ce département et des propriétaires des ours et autres animaux sauvages (loups, macaque et aras notamment) à la suite de maltraitance et défaut de soins.

L’action contre le Préfet visait à mettre en cause la responsabilité de l’Etat, le Préfet ayant accordé aux époux Poliakov l’autorisation d’ouverture d’un centre où détenir les animaux sauvages et un certificat de capacité à les détenir, et maintenu ces autorisations malgré les alertes lancées par les défenseurs des animaux.

Le recours était également dirigé contre les époux Poliakov, concernés par le retrait de leurs autorisations et des animaux. Cependant, ONE VOICE a porté plainte contre eux sur le plan pénal et ils devraient comparaître devant le Tribunal correctionnel, cette action étant un autre volet de l’affaire.

L’audience du 28 décembre était un référé c’est-à-dire qu’il était demandé au Tribunal administratif d’intervenir dans l’urgence et à titre provisoire dans l’attente de son jugement  définitif.

L’association ONE VOICE, le PARTI ANIMALISTE soutenus par la FRANCE INSOUMISE ont organisé un rassemblement devant le Tribunal pour faire connaître la situation grave et inquiétante de ces animaux.

Les faits à l’origine de la saisine du tribunal

Voici les faits :

Les ours détenus dans des cages chez les Poliakov entre les spectacles montraient des signes de mal être profond et des comportements compulsifs révélateurs de celui-ci :

Ils mordaient les barreaux des cages, ingéraient du fer, ce comportement ayant pour effet de provoquer une détérioration de la dentition et des cancers.

Les vétérinaires, dépêchés par le Préfet qui a pour mission de veiller à la santé de ce type d’animaux, ont systématiquement déclaré que tout allait bien.

L’ours Micha donnait des signes inquiétants de maladie grave et finalement Elisabeth Borne, ministre de l’écologie, a pris un arrêté interdisant sa participation aux spectacles. Il a pu être extrait de sa cage et placé dans un sanctuaire où il a survécu quelques semaines en menant une vraie vie d’ours. Il est décédé avant l’audience, affecté par plusieurs tumeurs et portant les marques de coups de ses anciens détenteurs.

Trois jours avant l’audience, le Préfet du Loir et Cher a ordonné le transfert provisoire de Glasha et Bony, les deux autres ours, dans un sanctuaire pour y recevoir des soins notamment portant sur leur dentition.

Restent au centre Poliakov des loups, une macaque et des aras traumatisés, selon les associations.

C’est pourquoi les demandes formulées à l’audience portaient sur le retrait définitif des animaux, transfert des ours déjà retirés à titre provisoire dans un sanctuaire, retrait des autres animaux, retrait de la capacité de détention accordée au couple Bruneau – Poliakov.

Un public attentif

La salle du Tribunal administratif était emplie de militants de la cause animale. L’audience a  réellement eu lieu en public, pour une fois, car la présence de plaignants est rare devant cette juridiction. Une jeune femme étudiant les ours et participant à un collectif de défense de ceux ci était venue de Suisse pour soutenir l’association.

La Présidente, sans doute peu habituée à ce genre d’affaire, a semblé avoir du mal à comprendre le raisonnement de l’avocate de ONE VOICE, fondée sur les défaillances du préfet et des époux Poliakov, et la souffrance des animaux. Après plusieurs questionnements, elle s’est estimée en possession des éléments dont elle avait besoin. L’avocat des Poliakov a soulevé l’irrecevabilité des demandes, comme le Préfet non représenté mais ayant fait parvenir un mémoire.

Le statu quo

Finalement, le tribunal administratif a débouté ONE VOICE de sa demande, estimant qu’il n’y avait pas d’urgence,  les ours étant déjà retirés de leur résidence et  Micha étant mort. Les ours Glasha et Bony pourraient donc être remis à leurs propriétaires après les soins, et de nouveau en danger, et le cas des autres animaux détenus n’a pas été tranché par le tribunal, non plus que le retrait des certificats de capacité. Cependant les retraits préventifs opérés par la ministre de l’écologie et le préfet du Loir et Cher sont une victoire partielle de ONE VOICE et du PARTI ANIMALISTE.

Liberté pour les ours et autres animaux sauvages

Il résulte des faits rapportés par l’avocat des montreurs d’ours et l’avocate de l’association à l’audience que la société commerciale, personne morale gérant les spectacles Poliakov, se trouve en liquidation judiciaire, mais que les époux Poliakov eux-mêmes ont les moyens financiers de soigner leurs animaux. Il en découle que ces montreurs d’ours ont purement et simplement refusé d’investir à perte en donnant aux animaux les soins dont ils avaient besoin mais qui ne débouchaient sur aucune rentabilité pour eux !

Il est particulièrement effrayant de constater que des animaux sauvages, puissants dans la nature, mais faibles en captivité, sont considérés comme de simples équipements ou « matériels » » sources de profits ; leurs intérêts en tant qu’êtres sensibles et vivants ne sont absolument pas envisagés par les personnes désignées aptes à s’en occuper.

Un ours dans la nature occupe un espace de plusieurs centaines de kilomètres carrés qui est son territoire et qu’il délimite et défend contre les intrus. Comment peut -on l’enfermer dans une cage ?

La détention des animaux sauvages que ce soit dans les cirques, les zoos, les cages de tout genre doit être abolie et les animaux rendus à la nature dans le respect de leurs besoins fondamentaux.

Les animaux sauvages sont des êtres sensibles et intelligents, ils ont un droit naturel à la liberté et il incombe à l’homme de respecter leur habitat et de le recréer au besoin, s’il l’a détruit.

C’est en respectant l’habitat et le mode de vie des autres êtres vivants que l’homme sauvera la terre et son propre habitat !