abolir la chasse à courre

Samedi 31 mars était le dernier jour de la saison de chasse à courre. À cette occasion, à l’initiative du collectif AVA, ‘Abolissons la Vènerie Aujourd’hui’, une marche a été organisée à Compiègne, ville impériale et emblématique de ce mode de chasse.

Le travail d’AVA, depuis huit mois, a été formidable. Leurs militants, présents en forêt pour s’interposer entre les veneurs et les animaux pourchassés jusqu’à épuisement, ont mis au jour la barbarie de cette pratique. Leurs photos et vidéos ont montré comment les cerfs sont déchiquetés par les chiens affamés, ou encore noyés par des suiveurs en barque. Les images parlent d’elles-mêmes : https://www.facebook.com/avapicardie

Cette confrontation entre les ultra riches et les gueux, tels qu’ils s’appellent eux-mêmes, est symptomatique des inégalités de notre pays, qui se traduisent concrètement par la présence de forces de l’ordre qui empêchent les citoyens non chasseurs d’entrer dans les bois quand les chasseurs, eux, peuvent y aller et venir à leur guise.

À l’heure où la science a montré que les animaux sont des êtres sensibles, où, même dans les abattoirs, on discute de la brutalité de la mise à mort des animaux d’élevage, pourtant « organisée » pour limiter la souffrance des bêtes, où même les mangeurs de viande reconnaissent qu’il est nécessaire de tuer avec respect, on est en droit de s’interroger sur le maintien d’une telle pratique.

L’Office National de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) est l’organisme public chargé de la réglementation de la chasse et de la faune sauvage. À visiter leur site, on est surpris de constater que les méthodes de comptage des animaux qui peuplent nos forêts reposent sur des méthodologies dignes du XIXème siècle et qu’aucune restitution n’est disponible. Le principal objectif affiché est d’augmenter les tableaux de chasse : que le nombre d’animaux tués soit le plus proche possible de celui des animaux condamnés à mourir ; pour les cerfs, de 20 000 en 1990, on est passé à plus de 85 000 en 2017. De qui se moque-t-on ? On ne cesse de nous dire que les animaux font des dégâts dans les cultures et les forêts alors qu’on les multiplie à seule fin de les tuer ? Un peu de cohérence et moins d’hypocrisie seraient bienvenues. Peut-être pourrions-nous aussi réfléchir à d’autres méthodes, plus modernes, pour réguler les populations d’animaux sauvages dans nos forêts.

Quoi qu’il en soit, on a du mal à croire que la débauche de moyens nécessaires à la chasse à courre pour tuer un seul animal remplisse l’objectif de l’ONCFS de « conforter la chasse comme élément essentiel de gestion durable de la nature et des territoires » : pas moins d’une quarantaine de véhicules dans la forêt ce samedi pour suivre l’équipage, transporter chevaux, chiens, barque et suiveurs ; d’autant que les équipages traquant les cerfs traversent les routes et les chemins sans aucun dispositif de sécurité, mettant ainsi en danger les promeneurs et automobilistes.

Aussi, nous relayons la proposition de loi pour l’abolition de la chasse à courre du député LFI Bastien Lachaux :

Ainsi que la pétition de 30 millions d’amis : http://www.30millionsdamis.fr/jagis/signer-la-petition/je-signe/33-pour-abolir-la-chasse-a-courre/

Et nous invitons tous les citoyens à contacter leur député pour défendre cette proposition de loi au moyen d’un référendum d’initiative partagée.

Pascale Decocq, groupe d’action FI Auneau, d’Eure et Loire,
Yaniv Fitoussi, groupe d’appui Sopui, 9ème arrondissement de Paris,
Véronique Seltz, animatrice du groupe d’action FI Orléans Est.


Crédit photo : Pascale Decocq.