Pauvreté : Pourquoi son éradication est possible, souhaitable et nécessaire ?

« Il faut des jeunes français qui aient envie de devenir milliardaires »  Ces propos tenus par l’encore Ministre de l’économie MACRON, début janvier 2015, illustrent la violence d’une pensée par essence inégalitaire.

Pourtant, le regard qu’une société porte sur la pauvreté en dit long sur son projet de vie en commun, c’est-à-dire sur sa volonté de combattre les inégalités et les injustices qui minent une part d’autant plus croissante de sa population que celle-ci est insensibilisée à ces questions.

Lorsqu’en 1954, l’abbé PIERRE dans son appel du 1er février face à la dureté de l’hiver lance ce cri de fraternité « (…) tant que dure l’hiver (…) devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes (…) Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci! (…) », c’est une certaine idée de la fraternité et de la France qui est à l’honneur.

Pourtant, chaque année, la Fondation Abbé Pierre rend public un rapport toujours plus accablant du logement en France.

Lorsqu’en 1985, en décembre, sur une idée de Daniel BALAVOINE en 1983, COLUCHE lance les restaurants du cœur,  le projet qu’il décrit alors est « (…) qu’on pourrait commencer à faire à Paris et puis qu’on étalerait dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition au départ de servir 2 000 à 3 000 repas par jour gratuitement », c’est une certaine idée de la solidarité et de la France qui est magnifiée.

Pourtant, chaque hiver, les Restos du cœur ne cessent de croître, hélas, démontrant l’ampleur des besoins d’une société individualiste. En 2015-2016, 150 millions de repas ont été servis par plus de 70.000 bénévoles dans plus de 2.100 centres et antennes dans toute la France.

Ces constats alarmants s’appliquent partout y compris dans le Loiret où, selon l’INSEE en 2014, le taux de pauvreté s’établit à 13 % de la population et où plus de 14.500 foyers sont bénéficiaires du RSA au 31 décembre 2017 (sur un total de 280.000 foyers).

Face à cette situation particulièrement désastreuse dans la 5ème puissance économique du Monde, le Premier Ministre Edouard PHILIPPE expliquait tout benoîtement au Financial Time, que la priorité du gouvernement est la mise en place « des réductions d’impôts pour les riches dès 2018 » !

Et en effet, sur 10 ans, les baisses d’impôt pour les 1 % les plus riches représentent plus de 60 milliards d’euros avec une ampleur du même niveau que celles de TRUMP. On pourrait penser que le ruissellement du haut vers le bas s’appliquerait conformément à la théorie du Chancelier social-démocrate Helmut SCHMIDT selon laquelle les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain.

Il faut déchanter puisque les dividendes des 50 premières entreprises françaises ont explosé de plus de 50 % contre 10 % dans le monde, ce qui en fait désormais les championnes du monde du versement des dividendes rapportés aux profits dégagés, la part des investissements ne cessant de décroître.

Mais le gouvernement MACRON ne cesse de mettre en avant la baisse des cotisations sociales et la suppression de la taxe d’habitation. Qu’en est-il de la réalité de l’évolution fiscale ? Selon l’OFCE (organisme indépendant d’évaluation des politiques publiques) qui ne tient pas compte des effets de la Flat tax (qui limite à 30 % le taux de taxation des dividendes et des plus-values), la moitié des baisses d’impôts profitent aux 10 %  les plus fortunés.

L’ONG OXFAM dans son dernier rapport enfonce le clou en estimant que les 10 % les plus pauvres verront leur pouvoir d’achat réduit de 336 euros par euros. A l’inverse, c’est une hausse de revenus de 1.193 euros par an qui profitera aux 10 % les plus fortunés.

Le tableau ci-dessous éclaire le phénomène de transfère des revenus des plus pauvres aux plus riches. Très précisément, la classe moyenne et les pauvres verseront entre 6 et 18 milliards d’euros chaque année aux plus riches, devenus les premiers assistés du pays.

Il faut aussi tenir compte de l’ampleur des fraudes et des évasions fiscales qui sont l’œuvre non pas des plus démunis mais des plus riches. Ce sont plus de 60 à 80 milliards d’euros par an (soit 1.600 euros par contribuable). C’est donc un montant considérable, supérieur au déficit public et au  budget de l’Education Nationale.

Pour la France Insoumise, cette situation est inacceptable et la pauvreté doit être non seulement combattue mais éradiquée, et cela est possible.

Ce sera l’objet de la seconde partie « Pauvreté : oui l’éradication est possible ! »

tableau pauvreté revenu médian

Photo par Mihály Köles sur Unsplash