Libre de droit – Publié par Mimi J sur Instagram

Pensée libre d’Anne Nedjar

« On ne naît pas femme : on le devient » disait Simone de Beauvoir. On peut dire la même chose des hommes il va sans dire.

Il y a des mots qui, si l’on y réfléchit, nous posent question : le mot femme par exemple exprime le féminin humain, au même titre que la femelle de n’importe quelle espèce animale qui nous est familière : le bélier et la brebis, la vache et le taureau, le lièvre et la hase. Une vache, qu’on le lui dise ou non, sera vache comme le taureau sera taureau dans les prés. Dès les premières chaleurs de la vache il saura quoi faire assurément !  Mais un humain moderne naît en conscience tout d’abord par procuration. Ses géniteurs sont, dans le meilleur des cas, conscients du sexe de leur progéniture et adaptent, en fonction de leur culture, un mode d’éducation plus ou moins adaptée  avec celle-ci. Ainsi la responsabilité des géniteurs est entière et indiscutable.

Certes on ne naît pas femme mais on naît fille ou femelle sans conteste, comme on naît garçon. Je fais ici une petite incursion filmographique. Le Roi Lion qui vient récemment de sortir  en version « images de synthèse », nous offre avec tambours et clairons l’apothéose d’une naissance : celle d’un mâle, élevée au-dessus du peuple animal soumis et révérant. Il s’agit d’un Mâle, d’un Roi ! On est en 2019 et ce sont des millions de spectateurs qui vont s’émerveiller devant les prouesses d’une recopie qui prône la suprématie du gouvernant mâle. Ceci dit on est bien obligé de rapprocher deux responsabilités : celle des parents qui vont mener au cinéma leur progéniture et celle des concepteurs qui font du « lever de lionceau » un remake du « vive le roi » ! Pas de doute : la responsabilité, voire la connivence des dominants est entière alors que les parents, par force ou par consensus, mesurent l’iniquité de la domination masculine. C’est sans conteste une question de domination mais ce n’est pas celle du mâle sur la femelle, mais de celui qui a le pouvoir : celle du capital !

Ici je ne vais pas insister sur l’histoire de la domination des plus forts sur les plus faibles (je le ferai ultérieurement) mais sur le fait que nous sommes hors sujet parce que nous reproduisons depuis des millénaires, au sein de nos cellules familiales, partout sur la planète le schéma de ceux qui nous dominent ; ce sont ceux qui considèrent la femme comme un objet de plaisir juché sur des aiguilles de 10 cm. Souvenons-nous de Strauss Khan ou Epstein, vrp du capital : la femme, pour eux, n’est qu’une poitrine, des fesses et une bouche ouverte non pour s’exprimer, mais pour recueillir, qu’il a fallu conserver au même titre que les récoltes et le bétail ; la femelle humaine devait être protégée parce que sans elle pas de descendance.

Le capital et donc le Dominant universellement reconnu, a atteint une phase de décadence. Il tente par tous les moyens de résister en utilisant des réflexes ancestraux : le fascisme et le conservatisme. Il est attaqué de toutes parts : il sent bien que tout lui échappe et tel un abcès en phase terminale il est insupportable !

Le peuple a bien compris que la lutte des classes est seule vraie. Les hommes qui tabassent leur femme, qui la tue, sont les mêmes qui se courbent gentiment à la moindre injonction du patron. Ce qu’ils font subir à leur compagne comme à leurs enfants est le fruit de longues années de frustrations subies dans leur famille, leur entreprise, au sein même de la société qui les écrase sans jamais leur reconnaître la moindre dignité.

Ainsi j’ai repris les propos de Beauvoir, bourgeoise érudite, non pour m’attirer les réactions véhémentes des féministes de tous bords, mais pour recentrer le débat. Hommes et femmes, nous avons tous les même droits et le plus fondamental est celui de vivre dignement sans devoir subir le joug d’un dominant qui présente tous les stigmates de la dégénérescence.

Anne Nedjar