3 millions d’animaux tués par jour dans les abattoirs Français ; plusieurs dizaines de millions de poissons sacrifiés. Cette hécatombe n’est pas destinée à la nécessité de satisfaire les besoins alimentaires humains, mais bien plutôt les profits des géants de agrobusiness.

Pour des objectifs de rentabilité et de profits, des animaux vivent et meurent dans de grandes souffrances, qu’elles naissent de leur vie en cage, séparés de leurs congénères et sans voir la lumière du jour, des conditions de transport vers l’abattoir, entassés dans des camions, sans pouvoir d’abreuver ou se nourrir pendant de longues heures, ou des conditions d’abattage elles-mêmes, le plus souvent sans étourdissement complet, l’animal étant découpé encore conscient ou broyé dès sa naissance comme le sont les poussins mâles.

Pour interpeller le pouvoir et le public sur les conditions de mise à mort, de vie et de transports des animaux consommés et sur le principe même de la mise à mort d’êtres sensibles et intelligents, l’association L 214 et d’autres associations ont organisé une marche le 8 juin à Paris, au départ de la place de la République. Cette marche a lieu chaque année depuis 8 ans.

La marche a commencé par un covoiturage emmenant d’Orléans à Paris Étienne (au volant) du Parti Animaliste, Marie-Joëlle de l’association Infovégane d’Orléans, Michèle de l’APCLO (association pour la protection des chats libres d’Orléans), Joëlle de LFI.

Nous sommes arrivés à 10 h pour assister au montage des stands : L 214 mettant en place des montagnes de tee-shirts aux couleurs de la marche, d’autres associations des stands de badges, vêtements (associations véganes, Sea Shepherd,..), des stands de nourriture végane, des stands de discussion et de pétitions (Animal Asia qui défend les ours emprisonnés pour leur bile, Parti Animaliste, association contre l’expérimentation animale, pour la protection des lévriers, association C’est assez qui prône la fermeture des delphinariums..)

L’association INFOVEGANE d’Orléans a également monté son stand, avec des jus de gingembre et d’hibiscus véganes préparés par Annie et des sacs, pochettes, bijoux et articles ramenés d’Inde proposés par son ami René.

Vers midi, alors que le monde commençait à envahir la Place, l’association 269 LIVE France s’est livrée à une action qui pourrait être qualifiée de performance artistique, très belle et réussie, toutefois complètement illégale : les militants montés sur le monument de la République inondent la base de celui-ci de peinture rouge comme le sang et déploient une banderole « Open the farms » tandis que d’autres militants présentent des panneaux en anglais, français et espagnol demandant la liberté des animaux. Le poing levé en forme de cornes de bœufs (le pouce et le petit doigt relevés) ils diffusent des fumigènes de couleur rose et brandissent des lumières.

Les CRS ne tardent pas à arriver et à encercler les statues. Les militants seront accueillis à leur descente du monument et sans doute emmenés au commissariat.

Les manifestants se regroupent vers 14 h. Brigitte Gothière, présidente de L 214, qui a été interviewée par la radio locale le matin, fait un discours sur la nécessité de défendre les animaux de ferme, pendant que le son de battements de cœur est diffusé, en hommage à tous

Ces cœurs qui ont trop tôt cessé de battre. Les manifestants brandissent des cœurs rouges de papier portant le nombre de 74 milliards de morts par an, et d’autres des pancartes sur lesquelles on peut lire : « derrière chaque morceau de viande, il y a un être sensible ».

Les Animalistes Insoumis de Paris sont présents avec une banderole bleue indiquant « Pour un avenir en commun. Pour une égale considération des êtres sensibles à ne pas souffrir, ne pas être opprimés, ne pas être tués »

Même s’ils ne sont pas très nombreux, ils sont motivés. Le député de la France Insoumise,Bastien Lachaud est passé les soutenir. J’apprends également que Danielle Simonnet, conseillère de Paris LFI, est venue saluer les exposants et a signé des pétitions.

Parmi les insoumis, figure le président de l’association « Rassemblement contre la Chasse en France « qui me remet le dépliant de son association.

Le cortège s’ébranle derrière les banderoles des différentes associations (L 214, ONE VOICE, VEGAN IMPACT, association de défense des lévriers, 269 LIVE France, Boucherie Abolition, les insoumis, représentant le seul mouvement politique présent, ferment la marche) On aperçoit quelques drapeaux anarchistes.

Esther Benbassa, sénatrice EELV, nous salue sur le parcours, ceinte de son écharpe tricolore.

Le cortège est dynamique, animé par deux camions sono, sur lesquels sont juchés deux militants scandant les slogans auxquels la foule répond : « Stop au cauchemar, Fermons les abattoirs ! » et « 3 millions de morts par jour dans les abattoirs : stop ! Insémination : Stop !Gavage : Stop ! Broyage : Stop !. » Deux groupes de percussion rythment la marche, qui alterne progression et minutes de silence, militants assis ou allongés en hommage aux animaux sacrifiés, mains tendues ou poings levés.

Parmi les passants, nous percevons parfois des signes de sympathie, les mêmes poings levés ou mains tendues. Une dame âgée : crie : « abolition ! » sur notre passage, une Insoumise vient me parler.

Nous marcherons pendant 3 heures et retournerons sur la place de la République.

A notre arrivée, celle-ci est occupée par deux autres manifestations : les citoyens soudanais venus protester contre l’action des milices paramilitaires au Soudan (milices Janjawids) et les gilets jaunes qui ont manifesté à Bobigny le matin et en début d’après-midi. A l’occasion de l’ondée qui fait refluer les gilets jaunes sous les barnums des stands, nous échangeons des propos sur la cause animale et la manifestation de Bobigny. Un participant me dit qu’à peine la manifestation commencée, ils ont été gazés. Un peu plus tôt, un autre gilet jaune nous a parlé de la nouvelle d’un mort et un blessé grave lors de la manifestation de Montpellier, rumeur qui s’avèrera infondée.

L’ambiance est à l’affrontement avec les CRS qui se mettent en ordre de bataille sur la chaussée, les gilets jaunes étant sur le terre- plein autour du monument. Les stands remballent leurs affaires et nous repartons vers Orléans à 5 avec Edna d’Infovégane comme passagère supplémentaire.

Nous sommes fatigués mais heureux car la marche a été un succès et a rassemblé entre 3000 et 4000 personnes, un nombre bien supérieur à celui des années précédentes.

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