Lynx Le lynx est ainsi nommé par l’auteur de l‘ouvrage « Qui veut la peau du lynx ? », Pierre Athanaze, ex-président de l’association ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) paru aux éditions Libre et Solidaire en 2014.

Présent partout en France en plaine comme en montagne, il disparaît des Vosges au 17ème   siècle puis du Jura et du Massif central au 19ème, des Pyrénées après 1917 et enfin des Alpes après 1928.

Comme dans d’autres pays Européens, la France a souhaité réintroduire les espèces en danger, dans l’optique du maintien de la biodiversité.

Le lynx est protégé par la Convention de Berne du 19 septembre 1979 en son annexe II et par la directive 92/43/CEE du Conseil des Communautés Européennes dite « Habitats, Faune, Flore » en date du 21 mai 1992. Celle -ci a été transposée dans le droit français au sein des articles L 411-1 et L 411-2, R 411-1 à R 411-14 du Code de l’Environnement.

La directive prévoit l’obligation pour les pays de la communauté européenne de préserver les habitats naturels de la faune et de la flore visés aux annexes et de favoriser le peuplement de ces territoires par les espèces en danger parmi lesquelles le lynx.

Sa réintroduction en France a fait l’objet de polémiques acharnées notamment avec certains syndicats locaux de chasseurs qui craignaient que la présence du lynx fasse disparaître le chevreuil et les ongulés sauvages qui constituent à  la fois sa nourriture et les proies de chasse.

Parfois, les éleveurs se sont joints aux chasseurs en raison d’attaques sur les troupeaux.

État de la population de lynx en France

Comme le loup, le lynx s’est réintroduit tout seul et pour lui ce fut dans le Jura français en provenance de Suisse. En effet, ce pays a procédé à des lâchers de lynx entre 1970 et 1972 et les lynx ont alors étendu leur aire d’habitat à la France.

En 1989, la crise avec les éleveurs et les chasseurs a atteint son paroxysme avec la prédation      d’ovins (paissant sans chiens, ni clôtures ou berger), diverses rumeurs comme le soupçon que le lynx soit porteur de rage, ou qu’au lieu du lynx boréal, l’Etat et les associations de protection animale aient réintroduit le caracal qui n’appartient pas à la population sauvage française et détruirait la biodiversité.

Un temps, la WWF a indemnisé les éleveurs, puis s’est retirée en raison d’absence de mesures de protection des troupeaux.

Mais globalement, les conflits se sont apaisés et actuellement les lynx seraient une centaine dans le massif jurassien et continueraient leur colonisation dans le Doubs.

Dans les Vosges, après  beaucoup de consultations, avec les maires, associations et syndicats de chasseurs et d’éleveurs,  des lynx sont lâchés en 1983.

Le braconnage, encouragé par une forte opposition des chasseurs et de certains éleveurs, va  décimer une partie importante de la population de lynx.

Le 27 mars 1987, 4 lynx, deux mâles et deux femelles sont lâchés dans le Bas Rhin puis deux mâles dans la forêt de Ribeauville.

La lynx Elisa a mis au monde deux chatons issus de son union avec le mâle Sixty. Mais elle est abattue par braconnage, ainsi que son compagnon. Malgré des battues importantes les associations ne retrouvent pas les chatons, qui ont dû mourir, incapables de survivre seuls  dans la nature et devenus la proie d’autres prédateurs.

Aujourd’hui, aucun lynx n’est plus détecté dans les Vosges et les spécialistes constatent une seconde extinction de l’espèce dans cette région.

Dans les Alpes, le lynx s’est réintroduit spontanément, a fait face aux pratiques de braconnage et à la diffusion de poisons destinés aux campagnols qui ont tué d’autres espèces dont celle-ci.

Aujourd’hui, on détecte des aires de présence sporadique dans les Alpes du Nord et du Sud, au total, il y aurait entre 14 et 22 individus dans le massif Alpin.

En conclusion, le lynx survit en France sans toutefois créer des noyaux de populations table.

Caractéristiques du Lynx

Le lynx est un animal très discret dont la capacité de survie tient à l’approche silencieuse des proies. Il n’attaque pas l’homme et n’en a pas peur non plus. Il est solitaire hormis aux périodes de rut.

Exclusivement carnivore, il chasse les ongulés sauvages. Les attaques de troupeaux dans le Jura de l’ordre de 50 à 100 chaque année tiennent à la proximité des forêts, aires de vie du lynx, avec les prairies pâturées. L’organisation de la protection des troupeaux avec chiens Patous, les mises à l’abri nocturne et les clôtures électriques améliorent cette protection. Les causes de mort de brebis autres que les attaques de lynx sont beaucoup plus importantes (maladies, chutes…)

Le lynx prélèverait 6.000 ongulés par an alors que la chasse en tue 40.000 et les voitures 15.000.

Le lynx est menacé non seulement par les oppositions à sa réintroduction mais également par les collisions avec les voitures et les trains, le braconnage et la fragmentation des habitats  forestiers. En effet, les zones urbanisées et les autoroutes coupent les aires des lynx et empêchent l’échange d’individus et donc la procréation. Ces isolements peuvent donc entraîner un affaiblissement génétique et à terme la disparition de l’espèce en nos contrées.

Le lynx est non seulement utile à la biodiversité mais c’est un très beau félin  que nous devons  conserver et  dont il serait bienvenu d’augmenter le nombre en France.

Bibliographie : Le Lynx en France, livret de l’association FERUS.

Crédit photo : FERUS