Déforestation

Plus d’un million d’espèces menacés de disparaître d’ici la fin de ce siècle

Ce lundi 6 mai, le groupe de 455 experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES : Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques)  en lien avec le GIEC a rendu public un rapport de 1.800 pages étayant de manière gravissime une évolution plus qu’alarmante de la biodiversité puisqu’il est notamment affirmé que plus d’un million d’espèces vivantes pourraient disparaître dans les toutes prochaines décennies, sous le coup des activités humaines.

Alors que les scientifiques considèrent que seul un changement radical des politiques économiques pourrait éviter ou limiter significativement cette catastrophe, c’est pourtant le moment que choisit le gouvernement Macron pour réduire les moyens budgétaires alloués à la principale agence française en charge de la sauvegarde de la biodiversité, le CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature), ce merveilleux outil créé en 1950 a pour fonction d’aider le ministère de l’écologie sur toutes les questions relatives à la préservation ou restauration de la diversité de la flore et de la faune, à la protection des espaces naturels et de l’écosystème.

Le constat alarmant est sérieusement établi

Issu de travaux scientifiques ayant fait l’objet de plus de 15.000 articles de référence, le rapport officialise un constat qui fait consensus dans la communauté scientifique dans la diversité de ses branches.

Le rapport de 1.800 pages a été résumé par une synthèse de 39 pages approuvée dans chacun des termes y figurant par l’ensemble des 196 États membres de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU à Paris les 4 et 5 mai à Paris.

Même si on sait depuis Darwin que la sélection naturelle des espèces provoque régulièrement la disparition de nombreuses espèces au fil du temps, et aussi l’apparition de nouvelles par le biais de modification génétique fruit de l’adaptation aux évolutions de l’environnement des plus « malins » d’entre eux, les scientifiques signalent une accélération en un temps très court du nombre des espèces.

Ainsi, ils constatent que depuis le 16ème siècle, plus de 680 espèces de vertébrés ont disparu, la tendance actuelle s’accélérant, ce serait plus d’un million d’espèces vivantes qui pourraient ne plus exister dans les toutes prochaines décennies.

En effet, depuis le début du siècle dernier, au moins 20 % des 8 millions d’espèces estimées sur Terre (dont 5,5 millions d’insectes) a disparu. Par ailleurs, à court terme, la menace d’extinction pèse sur 40 % des amphibiens, plus d’un tiers des récifs coralliens et des mammifères marins. Rappelons qu’une étude menée récemment en Allemagne montrait que plus de 75 % des insectes avaient disparu des … zones naturelles protégées entre 1990 et 2017 !

Le président de ce « Giec de la biodiversité », Robert Watson déclare que « la santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier. Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial.»

Ce rappel à nos responsabilités est d’autant plus poignant que le rapport mentionne que les travaux réalisés auparavant s’avèrent moins alarmistes que prévus.  Dans les mers, les airs, les forêts, les champs et sous terre, le déclin se produit en chaîne. A chaque fois qu’un maillon des écosystèmes disparaît, tout le reste en subit les conséquences. Du petit ver de terre au plus puissant rapace.

Pourtant il est encore possible d’agir utilement

Les préconisations du rapport conduit à la nécessaire transition écologique telle que la France Insoumise défend dans son programme présidentiel l’Avenir en Commun. La conclusion a le mérite de la clarté : il faut changer radicalement de modèle économique, notamment en y mettant fin au modèle de consommation excessive sans limite.

Pour cela, le rapport établi le top 5 des causes du déclin, toutes directement imputables à l’activité d’une seule espèce, l’espèce humaine. Les 5 causes sont : les changements d’usage des terres et de la mer (soit l’urbanisation, la déforestation, la transformation en terres agricoles), l’exploitation des organismes vivants, le changement climatique, la pollution et les invasions d’espèces exotiques (favorisées par le dérèglement du climat).

En cela, les décideurs politiques, et à travers eux, tous les citoyens sont au pied du mur de leur écrasante responsabilité tant l’ensemble des objectifs pris en 2010 à Aichi au Japon ne seront pas atteints. Ces objectifs de 2010 prévoyaient notamment ceci « d’ici à 2020 au plus tard, les incitations, y compris les subventions néfastes pour la diversité biologique, seront éliminées, réduites progressivement ou réformées … Les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes, à tous les niveaux, auront pris des mesures ou auront appliqué des plans pour assurer une production et une consommation durables».

Les scientifiques rappellent que les espèces jouent un rôle irremplaçable dans les services rendus aux populations pour nourrir mais aussi pour permettre à plus 2 milliards de personnes de se chauffer par le bois. La déforestation est une calamité qu’il faut impérativement stopper.

La forêt, ce n’est pas seulement les apports nutritifs, le bois qui chauffe mais ce sont des remèdes naturels aux maladies pour plus de 4 milliards d’êtres humains. Surtout, les forêts avec les sols et les océans participent à la capture du dioxyde de carbone émis par la société humaine.

En conclusions, ce que la nature contribue au seul écosystème compatible à la vie humaine, est non seulement décisif mais IR-REM-PLA-ÇA-BLE.

Les Insoumis orléanais s’engagent à l’exemplarité écologique

Nous développerons les argumentaires en faveur de la sauvegarde de la biodiversité que nous nous engageons à appliquer dans le cadre des municipales de l’an prochain, en 2020.

D’ores et déjà, par deux articles déjà publiés sur le site, nous prenons l’engagement pour une gestion de l’eau et de l’assainissement à 100 % en régie publique sous contrôle citoyen et pour faire de la Ville d’Orléans, une ville « verte ».

Notre programme pour les municipales contiendra plusieurs engagements forts pour une implication déterminée et totale pour que dans tous les domaines, compte tenu des compétences communales et métropolitaines, les conditions pour une véritable transition écologique soient effectives.

Assez des discours et des rapports, par ailleurs nécessaires, passons à l’action !

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