ChatsL’histoire

Parmi toutes les horreurs perpétrées par l’homme à l’encontre des animaux et dont on reçoit l’information hebdomadaire par les sites de pétitions en ligne, voici la triste histoire du jeune chat Cacahuète. Sa maîtresse, une jeune femme de 24 ans, a claqué la porte de son appartement pour ne plus y revenir en laissant Cacahuète à l’intérieur sans eau ni nourriture.

D’après l’auteur de la pétition, la configuration de l’appartement ne permettait pas aux voisins d’entendre les miaulements de la pauvre bête. Six mois plus tard, le paiement du loyer viré sur le compte du propriétaire par un membre de la famille ayant cessé, celui-ci s’est fait ouvrir l’appartement et a aperçu le cadavre du petit chat réduit à l’état de momie et pesant 690 grammes. Il avait éventré les paquets de biscuits et de chips pour se nourrir, sans succès.

La pétition

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On peine à comprendre comment un être humain peut atteindre de tels sommets de cruauté, d’indifférence et d’irresponsabilité. La police enquête et découvrira peut être les raisons d’un tel assassinat. Il n’est pas exclu que la jeune femme ait été atteinte de troubles psychiatriques ou soit décédée, enlevée, ou disparue comme un certain nombre de personnes chaque année et qu’il y ait un vrai cas de force majeure à l’abandon de son chat dans de telles conditions.

Toujours est-il que la privation de nourriture ayant entraîné la mort sur personne vulnérable (personne âgée, enfant..) est passible de la cour d’assises et d’une peine de prison ferme et relativement longue.

L’article 223-4 du code pénal par exemple prévoit que :  « …Le délaissement qui a provoqué la mort est puni de vingt ans de réclusion criminelle. »

La peine est aggravée si la victime est une personne vulnérable (enfant, vieillard, handicapé)

Ces faits sont susceptibles de diverses qualifications pénales, mais la gravité de la sanction est sensiblement la même quel que soit le crime retenu : ainsi les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont passibles de 15 ans de réclusion criminelle, peine augmentée si la victime est une personne vulnérable (article 222-7 du code pénal).

Des sanctions faibles et non appliquées

Concernant les animaux, si des sanctions existent, elles sont loin d’un tel niveau. Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. (article 521-1 du code pénal). C’est cet article qui s’appliquerait à l’abandon de Cacahuète.

Cette peine, qui peut paraître légère compte tenu de la gravité de certains faits, n’est jamais appliquée à son niveau le plus sévère.

L’absence de statut de l’animal qui certes est désigné par le droit comme un être sensible (article 515-14 du code civil) mais qui se situe dans une zone floue, étant tout à la fois bien et personne, ne permet pas de prendre au sérieux les atteintes à sa vie à la mesure des souffrances endurées. Il en serait autrement si l’animal était défini comme un sujet de droit et une personne, personne animale, non humaine, mais personne.

Vers une avancée de la jurisprudence

Il y a toutefois eu des avancées de la jurisprudence : dans plusieurs affaires, le tribunal a prononcé des peines de prison fermes à l’encontre des auteurs d’actes de barbarie. Ainsi le meurtrier du chat CHEVELU à Draguignan dont la mort avait provoqué l’indignation de la population, des manifestations et une pétition nationale, a été condamné le 15 Septembre 2017 à 6 mois de prison fermes avec mandat de dépôt à l’audience (c’est-à-dire qu’il est parti directement en prison effectuer sa peine) et l’interdiction à vie de détenir un animal. Ce jeune homme de 28 ans, lui-même victime de maltraitance et d’abandon dans son enfance, avait déjà été condamné pour violences à diverses reprises et notamment à 9 mois de prison fermes non exécutées pour avoir secoué son bébé, ce qui étaye l’idée que les personnes violentes envers les animaux peuvent l’être également contre les humains parmi les plus fragiles.

La société porte progressivement un autre regard sur les animaux, l’intuition à leur contact qu’il s’agit d’êtres à part entière étant corroborée par les avancées de la science qui confirme l’existence d’une conscience animale proche de celle de l’homme.

On dit que les animaux sont « sentients », ce qui paraît une avancée. Mais par cet adjectif,  l’homme essaie encore d’établir une frontière entre l’animal et lui-même, de rejeter sa partie animale et d’établir sa supériorité sur tous les règnes. On ne dit pas de l’homme qu’il est sentient, il n’y a pas d’adjectif comparable pour dire que l‘homme est l’homme. L’homme n’est pas défini, il est, et c’est lui qui définit les autres espèces.

Pourtant, le chimpanzé a une ADN à 98% comparable à la nôtre et le cochon, si généreux, sensible et délicieux au sens relationnel comme… gustatif a une ADN comparable à la nôtre à 80 %.  Est- il donc raisonnable, compte tenu de cette proximité, de vouloir établir à toute force une différence de ressenti entre les animaux et nous-mêmes ?

La mort de Cacahuète sera peut- être, on l’espère, l’occasion d’un procès qui fera date et d’une sanction exemplaire : bien que les peines de prison ne soient pas un facteur de guérison et un gage d’efficacité dans la réinsertion des condamnés, il est des cas où elles permettent à l’auteur de prendre conscience de ses actes et de la réprobation sociale qu’ils engendrent et donc si possible de s’amender. Par ailleurs, un tel acte blesse réellement la sensibilité sociale, le vivre ensemble et le mal fait à la société doit être également réparé.

Cela ne fera pas revenir Cacahuète mais permettra peut-être d’éviter de nouveaux cas similaires et de mieux protéger les animaux contre les maltraitances et la folie de leurs maîtres.

Des mesures à mettre en oeuvre

Naturellement, la meilleure solution est la prévention. Par exemple, soumettre l’adoption d’un animal à un test ou examen de passage en permettant l’autorisation ; abolir la propriété de l’animal, ainsi que son commerce, le maître devant en être le gardien et ayant des devoirs à son endroit plutôt que des droits ; multiplier les refuges ; accorder la personnalité juridique à l’animal, ainsi que  des droits fondamentaux et établir des tuteurs ayant fonction de suivre les adoptions ; créer un code pénal avec des sanctions comparables à celles encourues pour les humains en cas d’atteinte à son intégrité physique ; éduquer les enfants à l’école à l’empathie envers les animaux…

La France Insoumise préconise le respect des animaux, leur protection et la mise en œuvre  de leur bien-être. Elle considère que la société doit veiller à leurs intérêts, leur offrir une vie conforme à leurs besoins en fonction de leur espèce et à leur santé. Les animaux domestiques ou captifs, doivent être placés dans un environnement où ils peuvent donner et recevoir  de l’affection et avoir des échanges relationnels.

A ces conditions, nous respecterons le pacte qui lie toutes les composantes de la Nature dont nous faisons partie.

Texte et photo des chats : Flore INANNA