Le projet de loi asile qui concerne également l’accueil et le séjour des migrants a été adopté en première lecture le dimanche soir 22 avril par l’Assemblée nationale.

Depuis de longs mois, les associations au fait de ces questions n’ont eu de cesse que d’en dénoncer les effets pervers. Y compris au sein de la majorité, des désaccords et des critiques se sont exprimés.

Les nombreuses mesures introduites par ce texte dont on ne compte plus le nombre de révisions du texte initial depuis plus de dix ans, compliquent ou empêchent l’accès des migrants à leurs droits. Gérard COLLOMB pense probablement dissuader les migrants de venir et de réclamer la protection de la France pourtant clairement inscrite dans notre constitution.

Le délai de 90 jours pour déposer un demande d’asile (6 mois auparavant) ou celui réduit de moitié à 15 jours pour exercer un recours après rejet de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) rendent la démarche plus difficile, voire inaccessible. Sous prétexte d’accélération, le parcours du traitement de la demande sera en réalité plus expéditif. L’expulsion, en cas de rejet définitif de la demande sera facilitée, sans régularisation possible à un autre titre.

Le doublement de la rétention à 90 jours caractérise le caractère punitif de cette disposition. Ni les condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme, ni la réticence d’une partie de la majorité n’ont pu mettre un terme à l’enfermement des enfants en rétention.

Avant de revenir prochainement plus en détail sur les mesures coercitives comprises dans ce projet de loi et d’en analyser les effets, nous vous livrons le texte ci-après lu par Jean-Marie Gustave le CLÉZIO, prix Nobel de littérature, le 05 octobre 2017, sur France Inter :

« La migration n’est pas, pour ceux qui l’entreprennent, une croisée en quête d’exotisme, ni même le leurre d’une vie de luxe dans nos banlieues de Paris ou de Californie.
C’est une fuite de gens apeurés, harassés, en danger de mort dans leur propre pays.
Pouvons-nous les ignorer, détourner notre regard, accepter qu’ils soient refoulés comme indésirables, comme si le meilleur était un crime et la pauvreté une maladie ?
On entend souvent dire que ces situations sont inextricables, inévitables, que nous les nantis ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, qu’il faut bien des frontières pour nous protéger, que nous sommes sous la menace d’une invasion, comme s’il s’agissait de hordes barbares montant à l’assaut de nos quartiers, de nos coffres forts, de nos vierges ».

Osons la fraternité !