Deux semaines se sont écoulées depuis les élections européennes du 26 mai dernier qui ont donné lieu à des enseignements tristement paradoxaux.

L’heureuse progression de la participation de près de 8 % par rapport à 2014, à hauteur de 50,12 % ne doit pas masquer la persistance d’une abstention massive puisque de fait, c’est la moitié des électeurs qui a sciemment choisi d’exprimer leur colère par le rejet du vote comme moyen d’adresser à la classe politique leur insatisfaction persistante par rapport à leurs attentes.

La question européenne aura été absente comme souvent lors des scrutins consacrés précisément à l’élection de députés au Parlement européen. Seuls les britanniques auront saisi ce scrutin pour affirmer un choix clair sur la question européenne, même si ce choix s’est très nettement orienté en faveur d’une confirmation du Brexit, donc de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Partout ailleurs, y compris donc en France, ce sont les enjeux intérieurs qui auront primé. De surcroît en Belgique avec les élections générales législatives et en Espagne avec les élections régionales et municipales, l’Europe est totalement effacée.

Quoiqu’il en soit, ce qui frappe, c’est le décalage entre d’une part, l’accumulation des urgences notamment écologiques et sociales et d’autre part, le vote populaire en fin de compte très classiquement conformiste confortant le système à peine ébranlé par l’essor des partis d’extrême-droite et nationalistes lesquels apparaissent pour ce qu’ils sont, une assurance-vie du système oligarchique.

Or ce système oligarchique des dernières décennies s’appuie sur le libre-échange tous azimuts sur toute la planète occasionnant des ravages sur la biodiversité, une précarisation croissante de toutes les protections sociales, sanitaires et environnementales. A ce constat, il en résulte une accumulation des rapports scientifiques chaque fois plus alarmants que le précédent sur le réchauffement climatique causé par les activités humaines.

Au su de tous, l’irréparable s’approche au point de s’interroger sur les causes de cette cécité généralisée qui frappe étonnamment les milieux intellectuels, les premiers à devoir agir sur les consciences.

Il est nécessaire d’interpeller l’ensemble des consciences pour éviter ce désastre qui s’annonce et que les jours sombres qu’annoncent les résultats européens sur tout le continent, puissent accoucher d’une résistance active forte, tel est le sens de notre alerte.

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